Partager l'article ! Laissez faire, laissez passer...: On a parlé ici de l’initiative du maire de la Clayette pour lutter contre la cherté des grains en ...
On a parlé ici de l’initiative du maire de la Clayette pour lutter contre la cherté des grains en 1847.
Son initiative n’était pas isolée et avait même été précédée d’une démarche similaire faite par l’adjoint de Saint Bonnet de Joux qui, le 28 septembre 1846,
demandait l’autorisation de réunir une commission de subsistances dans sa commune, « pour éviter les scènes de désordres qui se manifestent depuis
quelques temps sur plusieurs points du département à l’occasion de la cherté des grains. »
On remarque, dans ses attendus, que sa démarche est liée au fait que les commerçants prennent des risques dans ces circonstances : cette année, en raison
des faibles récoltes et, par conséquent du prix élevé des grains, il pourrait y avoir danger pour ces personnes de se charger des approvisionnements [de la
commune].
Le sous-Préfet s’empresse d’autoriser la réunion en précisant à l’adresse du Préfet (et bizarrement par surcharge) : la liberté du commerce des grains étant
absolue.
Lequel Préfet s’empresse lui aussi d’applaudir aux généreuses intentions de l’adjoint en ajoutant qu’il « exagère les besoins de la population de cette commune
». Vient ensuite un rappel éclairant :
Ce n’est que dans les circonstances, heureusement fort rares, et dans lesquelles nous ne sommes pas encore et ne nous trouverons probablement pas cette année
(il écrit en octobre !), que la bienfaisance publique doit se substituer ainsi à la prévoyance individuelle et à l’action du commerce.
Heureusement pour nous, le Préfet ajoute : nous ne devons pas, non plus, apporter de résistances ni d’entraves à l’inspiration des hommes généreux. Il faut donc
laisser monsieur l’Adjoint suivre son projet, s’il y persiste, après lui avoir fait quelques observations à cet égard.