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Lettre à mes ancêtres

par midy 31 Mars 2009, 16:36 famille

Chers ancêtres,

 

 

Comme tous les retraités, je suppose, vous ne voyez pas vos journées passer. Mais permettez que j’abuse un peu de votre temps, une fraction de votre éternité, pour vous rendre compte de la réunion à laquelle j’ai assisté ce samedi 28 mars.

 

Je suis parti de bon matin, avec la pluie battante dans la vallée d’Azergues, pour assister à l’assemblée générale du Centre international d'étude des patrimoines culturels du Charolais-Brionnais, à Saint Christophe. (cep.charolais@free.fr)

 

Une association spécialisée pour le Brionnais, hein, ça vous laisse bouche bée, n’est-ce pas ?

 

Il y a vingt ans, des illuminés ont pensé qu’il fallait sauvegarder le patrimoine de votre région, des intellectuels qui se sont passionné pour les petites églises de vos villages, vous y croyez ?

 

Au début, ils étaient trois. Il y avait un certain Pierre Durix… un descendant de Jacques Alix, le grand-père de notre Eugénie. Vous voyez qu’on était en famille.

 

Aujourd’hui, tenez-vous bien, ils sont près de trois cents !

 

Antoine Dury, mon père, ayant été un des premiers adhérents, j’ai naturellement pris sa suite. Je ne vous dis pas ça pour m’en glorifier mais juste pour vous montrer qu'il y a une sorte de continuité dans vos idées.

 

 

 









Samedi, il y avait un peu plus de voiture...









Bref, je vous passe les détails… pour aller directement au repas du vingtième anniversaire. C’était une charmante assemblée de bonnes fourchettes qui se retrouvaient à la Tour d’Auvergne, à Saint Christophe. Comme il y avait une place libre en face de moi, une dame est venue s’y asseoir.

 

Quand je me fus présenté, elle s’écria : « un Dury des 17 ?  mais c’est extraordinaire ! »


Et de me raconter la rencontre qu’elle fit, il y a déjà quelques années à la Maison de la presse à la Clayette, avec le fameux auteur de " La Bourdonnière " qui venait y déposer quelques exemplaires.

 


Et de me citer, avec beaucoup d’émotion, un épisode effectivement touchant  qui montrait le grand-père Etienne, murmurant sur la tombe de sa femme décédée depuis des années :


« Appeulle-me, mais appeulle-me donc ! » (*)

 

 

Et pour finir, je fis la connaissance de la propriétaire du magnifique château qui se trouve à la sortie de Saint Racho. De votre temps, en 1748 quand François acheta le moulin des Quarts, il y avait Messire Claude Maximilien de Brosses, seigneur de Dun le Roy, baron de Chevannes, chevalier de l'ordre royal et militaire de saint Louis et capitaine de grenadiers au régiment de Picardie (**). 

 


 

Maintenant c’est une dame tout à fait extraordinaire qui habite le château, Madame de Noblet d’Anglure, chevalier des Arts - Sciences - Lettres, chevalier du Mérite Culturel et Artistique, médaille d'argent de la Société d'Encouragement au Progrès, membre Honoris Causa de l'Académie Européenne des Beaux-arts, chevalier du Mérite Artistique Européen et Premier Prix de dessin de l'Académie Jullian. Je ne peux pas mettre ici un exemple de ses œuvres sans son autorisation mais si votre connexion internet là-haut est correcte, allez voir http://www.laclayette.fr/colette-du-barry/

 

On a eu beaucoup de choses à se dire si bien que nous avons fait la fermeture du restaurant ! Il me suffit maintenant de téléphoner à la noble dame pour y être reçu quand je veux. Aucun d’entre vous n’a eu ce privilège, n’est-ce pas ?

 

Voilà. Je vous raconte tout ça dans l'espoir que, au milieu de vos nombreuses activités, vous trouviez le temps de m’aider dans mes recherches... Je vous donne mon mel (midy@no-log.org).

 

Ah oui, parce que je ne vous ai pas dit, mais… pour faire revivre vos exploits passés sur ce blog, et pour écrire votre histoire, il faut bien que je trouve de la matière. En allant, par exemple, chercher des indices au Centre d'étude de Saint Christophe ou farfouiller du côté des Archives Départementales de la Saône et Loire.

 

Cela dit, je ne me plains pas, c’est même plutôt agréable.










Je pars en train le matin, la gare est à peine à cinq minutes de la maison (en voiture à chevaux-vapeur, bien sûr !)


 


 



Je fais mes petites et grandes recherches. Le personnel de cet établissement est tout ce qu’il y a de plus sympathique.



 

 

Là, c’est une photo d’archives, parce que maintenant il y a des ordinateurs? Vous imaginez-vous ça ? on peut voir votre acte de naissance dans tous les coins de la planète !

 

















Je fais un bon repas à midi. Je continue de brasser vos vieux grimoires l'après-midi (rien que pour vous, François, j’en suis déjà à 114 actes de notaire…) Et je reprends le Tacot pour rentrer à la maison et mettre de l’ordre dans ce que j’ai pu trouver… jusqu’à la prochaine fois.

 

Donc, si vous avez un peu de temps libre, vous pouvez peut-être me tuyauter sur quelques unes des questions que je me pose :

 

- Pourquoi François (1708-1784) habite-t-il le moulin des Quarts alors qu’il a obtenu, par le partage de 1755, la ferme de Têtenoire ?


- Pourquoi ce même François habite-t-il chez la veuve Bajard à la Velle en 1767 ?


- Où sont passées les deuxième et troisième épouses de Philippe (1733-1812). C’est notre Barbe Bleue ?, un secret de famille ?


- Où est décédé Nicolas (1765- ? )  Apparemment pas dans les communes autour de Gibles où il résidait (en fait Chatenay actuelle)


- Accessoirement, comment s’est passé l’exil de votre curé de la Rochette en 1793 ? on me dit qu’il a été dénoncé au tribunal de Marcigny, mais aux Archives Départementales de Saône et Loire, il n’y a rien…

 

Je vous embrasse tous.


(*) vous n'en voudrez pas à mon interlocutrice d'avoir mélangé les ancêtres. En réalité, c'est Eugénie Alix (+1935) qui s'adressait à son mari, le père des 17, comme on peut le lire dans "La Bourdonnière"  :


Mon grand-père s'est alité un soir de printemps pour mourir. Ses enfants étaient tous à son chevet. Les uns après les autres, j'ai vu mes oncles et mon père sortir de la chambre et s'isoler dans leur chagrin.


Ma grand-mère se rendait souvent au cimetière tout proche. Ses filles l'ont surprise penchée sur la tombe, murmurant  

« Appeulle-me, mais appeulle-me donc ! »


(**) demeurant rue Grenette à Lyon, paroisse Saint Nizier

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