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" Plaçons la Terreur à l'ordre du jour "

par midy 14 Février 2009, 01:16 histoire

C'est la puissante suggestion de Barrère au nom de Comité de Salut Public...

A la Clayette, le comité de surveillance fait consciencieusement ce qu'on attend de lui :

Ce jourd’hui, 27 brumaire l’an second de la république française une indivisible et démocratique (soit le 17 novembre 1793), sur les six heures du soir, les membres du comité de surveillance réunis au lieu ordinaire de ses séances, considérant qu’il est de l’intérêt de la république de prendre de promptes mesures pour prévenir les desseins criminels des malveillants en mettant à exécution les lois (*) des 12 août et 17 septembre dernier (en fait, il s'agit de décrets, mais ne chipotons pas.), après avoir mûrement examiné, réfléchi et délibéré qui sont tous les gens de l’arrondissement de ce comité qui doivent être regardés comme suspects et comme tels mis en arrestation conformément à l’article 3 de la loi du 17 septembre dernier ont arrêté et arrêtent à l’unanimité des voix que

Claude Alexis Noblet, père d’émigrés qui est de retour de ville affranchie depuis quelques mois et réside dans le moment audit la Clayette

Charles Etienne Noblet son frère qui n’est aussi de retour de ladite ville affranchie que depuis quelques mois et réside en la commune de Curbigny

Gilbert Drée, père d’émigré

Adrienne Neuville, épouse dudit Gilbert Drée

Louise Gilberte Drée, femme Pont dont le mari est émigré et qui avait elle-même été émigrée est rentrée en France

tous trois résidant en ladite commune de Curbigny

Claude Loreton demeurant au lieu du Montet paroisse de Vareilles, père de fils réputé émigré et son épouse

sont déclarés suspects, seront arrêtés et gardés à vue dans leurs demeures respectives attendu qu’il n’y a point de maison d’arrêt dans le lieu de leur résidence et transportés dans la huitaine au plus tard à compter du jour de leur arrestation au chef lieu du district de Marcigny dans les bâtiments nationaux (…) et les scellés seront de suite apposés sur leurs papiers par les membres du comité qui vont être à ce diligentés en se faisant assister de deux officiers municipaux des communes des lieux  de résidences des personnes ci devant nommés.



Après ces décisions d'une rare clairvoyance, le comité de surveillance reçoit cette poignante supplique de l'un des "malfaisants" :


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Citoyen président et vous tous citoyens composant le Comité de surveillance de la commune de la Clayette

Recevez avec commisération et bonté l’affliction du citoyen Charles Etienne Noblet. Laissez émouvoir vos cœurs à son attendrissement : il verse des larmes de sang sur la situation de son frère âgé et infirme et malheureux.

Et lui qui le seconde dans les infortunes, ne désunissez pas leur sort.

Depuis l’âge de quinze ans qu’ils se sont réunis pour servir la Patrie, la mère commune, l’un pendant trente ans et l’autre vingt quatre ayant versé son sang par des blessures honorables,

Ayant toujours été unis par les liens du sang et de l’amitié,

Votre insensibilité, Citoyens, se porterait-elle à ne pas être humains envers deux frères qui, ayant vécu ensemble y désire mourir ?

Oui, votre sensibilité a des droits. Elle se fera sentir envers deux frères qui ne peuvent se refuser de secours mutuels en les unissant l’un à l’autre pour essuyer le sort que la Providence leur destine.

Le pétitionnaire, navré de la plus grande douleur, ne peut que vous offrir ses vœux et sa reconnaissance.

Charles Etienne Noblet
L’an second de la république française une indivisible et démocratique, vieux style le 25 novembre 1793, à Curbigny.

 

 

 

 

 

 

(*) Ces textes traitent des "suspects"

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