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Concours

Samedi 17 mars 2012 6 17 /03 /Mars /2012 22:50







Des observations très intéressantes ont été publiées sur ce sujet [l’enchérissement constant de la vie] mais celles qui ont le plus frappé sont condensées dans une étude que Monsieur Adrien Dariac, député de l’Orne vient de publier.

(…)

Parmi les causes permanentes, Monsieur Dariac signale le rapport déséquilibré entre la production et la consommation, le contre-coup de l’augmentation de la contribution du producteur dans l’application de certaines lois d’assistance sociale, le bénéfice des intermédiaires, les transports trop coûteux…

« La monnaie, écrit-il, n’a plus la même valeur qu’autrefois. La valeur nominale du billet, le pouvoir d’échange ont considérablement décru. En d’autres termes, on n’obtient pas le même poids de denrées, la même quantité de services que naguère. »

« Je crois fermement que si l’on tentait de remédier à la crise actuelle en rapprochant le producteur du consommateur (…), cette crise perdrait beaucoup de son acuité. »


in Le Journal de Charolles, novembre 1912

 

 

(*) article similaire : Il nous faut un Président du pouvoir d'achat

Par midy - Publié dans : histoire locale
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Samedi 17 mars 2012 6 17 /03 /Mars /2012 20:31

remplacé par "Pouvoir d'achat en berne"

 

Par midy - Publié dans : histoire locale
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Mardi 13 mars 2012 2 13 /03 /Mars /2012 22:46



22 avril 1807, Jean-Baptiste Delaméthérie*, procureur impérial au tribunal de première instance de Charolles fait citer devant le juge de paix le prêtre de la Clayette Antoine Arnaud :

D'après le Procureur, Claude Alexis de Noblet avait donné au prêtre Arnaud l’usufruit de quelques propriétés sur Varennes et Curbigny (« domaine de la Barraude » ? dénomination disparue) et, en l’an V, par acte sous seing privé, le même Claude Alexis et son fils aîné Charles Etienne Adrien lui avaient cédé l’usufruit du domaine de Gueurce.

 

Et, au milieu, coule une rivière.

 

Gueurce.jpg

 

Or, voilà que monsieur Arnaud s’est permis de faire une digue transversale qui empêche l’écoulement des eaux qui se déversent alors dans le pré de monsieur Delaméthérie et en « pourrissent » le sol… l’herbe se transforme en jonc et adieu veaux, vaches, cochons, couvée… Bien pire : il existe une haie entre les deux propriétés que le prêtre a fait « tondre », ce qui lui permet de s’en prendre ensuite au fermier de monsieur Delaméthérie dont les bêtes, évidemment, s’ensauvent dans ses prés.

Devant le juge, le prêtre Arnaud rétorque que la citation de monsieur Delaméthérie est « dérisoire et peu réfléchie » :

- Vous vous présentez comme usufruitier de monsieur de Noblet depuis l’an V ? A cette époque, les haies et les fossés de la rivière existaient comme faisant partie du bail passé à mon profit devant Maître Leclerc le 18 avril 1790. Je ne suis donc pas ici comme usufruitier de monsieur de Noblet mais comme son fermier.

Et toc !

- Par ailleurs, comme le décide la Loi, (là, il s’exprime en latin, quelque chose que je ne comprends pas**) et ainsi que monsieur de Malville l’explique dans son analyse du Code Civil (on voit qu’il n’avait pas grand chose à faire le curé), l’usufruitier ne peut jouir de la chose que comme elle existait lorsqu’elle lui a été cédée…

Et re-toc !

- Au surplus, comme les haies et la digue, exécutée sur ordre et avec l’agrément de monsieur de Noblet, appartiennent à ce dernier, l’article 614 du code Civil vous oblige, monsieur Delaméthérie, à avertir le propriétaire avant d’engager une action sur ce point. Votre action est donc mal dirigée. Elle n’est que le fruit d’une humeur tracassière !

On fait quoi, maintenant ?

 

- Comme je ne parviens pas vous concilier, je vous renvoie devant le tribunal compétent, conclut le juge de paix.

Je n’ai pas cherché la suite, mais le tribunal compétent, c’est celui de Charolles. Chez monsieur Delaméthérie en quelque sorte !

 

 

(*) orthographié ainsi. On a déjà parlé de lui : Jean-Baptiste de la Méthérie, rebelle et lettré de la Clayette

(**) mais ce n’est pas « Nemo audiri debet propriam allegans turpitudinem »  

Par midy - Publié dans : histoire locale
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Mercredi 7 mars 2012 3 07 /03 /Mars /2012 23:16



Après la Révolution, Monsieur de Noblet d’Anglure, prévenu d’émigration, ayant été amnistié (1), réclama bien légitimement la restitution de ses biens séquestrés et non vendus… Entre autres deux bois de sapins de vingt hectares à Chauffailles (dont un à Montaigu)…

 

Montaigu

Le 3 juillet 1804, le Conservateur forestier de l’arrondissement prenait sa plus belle plume pour indiquer que, puisque aucun des bois en question ne faisait partie de la réserve prévue par l’arrêté des Consuls du 24 thermidor an 9, bla bla bla… il n’y avait aucun moyen de s’opposer à la restitution des bois réclamés. Ah, s’ils avaient été plus grands, ou à proximité d’une forêt nationale, on aurait pu…

Monsieur de Noblet d’Anglure était donc définitivement envoyé en possession de ses bois… à condition qu’il paie la contribution foncière depuis l’amnistie. Il n’y a pas de petits profits.

Malheureusement, entre temps, le 19 juillet 1803, à deux heures de l’après-midi, Jean Léchère et Zacharie Jacquet, gardes forestiers à Mussy qui faisaient leur ronde dans la forêt de Montaigu, avaient constaté que cinq châtaigniers avaient été coupés dans « ladite forêt appartenant à la Nation ». Quatre avaient déjà disparus…

- Mais nous pouvons cependant mesurer leur circonférence, observa finement l’un des deux gardes.

Ce qu’il fit derechef. Trois mètres et dix centimètres pour le premier, le deuxième cinq centimètres de moins, encore cinq de moins pour le troisième, un mètre trente deux pour le quatrième et, pour celui qui était resté sur place, deux mètres seize centimètres.

- De beaux spécimens, en vérité, commenta celui qui ne mesurait pas. Nous allons nous transporter au domicile du citoyen Vallory pour dresser procès-verbal.

Comment savent-ils que c’est le citoyen Vallory(2) qui a commis cet attentat contre ce bien national ? sans doute le témoignage de quelque voisin jaloux. Ou alors le flair !

Les gardes, donc, se dirigent vers la demeure de François Vallory, où ils ne trouvent que sa sœur.

- Qu’à cela ne tienne, on dressera procès-verbal en l’absence du contrevenant…

Convoqué devant le tribunal de Charolles le 22 octobre 1803, François Vallory ne se présente pas… Une convocation devant le tribunal comme s’il s’agissait d’un voleur de vache…. Ça avait dû lui paraître tout ce qu’il y a de plus vexatoire.

- Mais je suis propriétaire du bois où ces cinq châtaigniers ont été coupés, s’énerva-t-il quand il reçut sa condamnation ! Je l’ai acheté au citoyen Noblet d’Anglure… Je fais appel.

Bien lui en prit ! A Chalon, le Tribunal criminel du Département rappela une loi de 1791 : s’il y avait une réclamation incidente de propriété dans une procédure de délit, la loi exigeait qu’on réglât d’abord cette question avant de s’occuper du délit. Quel bon sens, tout de même…

Le tribunal laissa six mois aux parties pour faire la lumière sur cette question de propriété. Il faut dire que l’affaire n’allait pas de soi : les bois de l’émigré Noblet ci devant d’Anglure avaient été vendus comme bien séquestrés mais ce n’est pas clair car certains acheteurs déclareront ensuite qu’ils ont agi pour le compte d’autrui.

Pendant ce délai, pour compliquer les choses, le Préfet prit son arrêté d’envoi en possession au bénéfice de Noblet. Aussitôt, la Cour demanda que l’arrêté du Préfet soit validé par les autorités supérieures :

Comme prévu par la loi du 25 brumaire an 13, article 29, précisa le juge : les mainlevées de séquestres ne sont que provisoires tant que le Comité de législation ne les a pas examinés (3).

Le Préfet écrivit au procureur général impérial de Chalon :

- Je m’étonne que la Cour continue, sans tenir compte de la décision que pourrait prendre le ministre des Finances après l’arrêté qui a réintégré le sieur Noblet dans la propriété de ses bois.

Droit dans ses bottes, la Cour de justice criminelle de Saône et Loire poursuivit, sans se soucier de cette demande…

Mais quelques jours plus tard, les membres cette honorable Cour s’étouffaient de rage en lisant un arrêté du Préfet dans lequel celui-ci élevait un conflit d’autorité entre l’administratif et le judiciaire dans le cadre du procès en appel de François Vallory.  Le préfet demandait l'annulation des procédures de la Cour de Chalon, et même que les juges soient poursuivis pour forfaiture...

Ambiance !…

- Cet arrêté du préfet est une inculpation gratuite et injurieuse !

 - C’est malheureusement dans cette faiblesse humaine que Monsieur le Préfet de Saône et Loire a élevé le conflit pour colorer ses plaintes irréfléchies et pour attaquer des membres de la Cour qui ont rempli leur devoir.

 

- Lorsque, troublé par le regard de la prévention, l’homme voit son amour propre blessé, il n’est que trop ordinaire qu’il nourrisse son erreur et que, bientôt, elle enfante le ressentiment qui, au lieu de la sagesse, devient le mobile de ses actions subséquentes.

 

C’est bien dit, non ?

 

 

Le grand juge ministre de la justice faisait savoir, le 23 août 1806 que le Préfet s’était un peu fourvoyé.  Mais il reprochait aussi aux juges d’avoir voulu paralyser l’autorité préfectorale et de la déconsidérer.

C’est très beau mais ça ne dit pas (et le dossier d’archives non plus) si monsieur Vallory est ou non fautif d’avoir coupé des arbres dans son bois…

 

 

(1) Il était parti, je n’ai pas trouvé où (si quelqu’un a l’info…). On l’amnistie le 15 nivôse an XI
(2) Pendant les années de troubles révolutionnaires, monsieur Vallory avait été le représentant de Monsieur de Noblet d’Anglure et son homme de confiance.
(3) Et, bien avant, le décret du 1er fructidor an 3 avait prévu que les questions relatives à la validité des adjudications des domaines nationaux seraient examinées par le Comité des finances, remplacé par le ministre des finances dans la Constitution de l’an 3 .

Par midy - Publié dans : histoire locale
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Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 00:02




En août 1795, le 26 thermidor an III, Etienne (de) Drée de Curbigny, qui avait été déclaré « émigré » (*) est réhabilité et les scellés et séquestres mis sur ses biens sont levés.

Sans doute manquait-il encore quelques formalités pour que la gloire de la famille soit complète et reconnue par tous. Ce qui expliquerait pourquoi, en 1800, on trouve l’enregistrement de plusieurs actes notariés : (*)

  • Les 21, 22, 23 ventôse an 8, différents particuliers confirment l’aumône et les bienfaits du citoyen Drée. D’autres mentionnent  qu'il a fait apprendre des métiers (Me Jomain de Châteauneuf )

 

  • A Baudemont, Saint Symphorien et Curbigny, plusieurs autres attestent que le citoyen Drée a fait différentes livraisons de grains aux pauvres ménages de ces paroisses (un mot un peu anachronique, peut-être ?) (Acte par Me Gaillard le 25 ventôse an 8)

  

  • Là, des personnes de Tancon attestent que Gilbert a fait différentes délivrances de grains à de pauvres ménages. (Acte du 27 ventôse an 8 par Me Bardin de Tancon)


Bizarre : Gilbert, père d’Etienne est décédé en 1791. Ce serait à titre posthume ?

 

A voir…

Ce qui est accessoirement intéressant, c’est l’extraordinaire liberté que prend ce fonctionnaire de l’Enregistrement avec l’orthographe pour relater ces actes (et les taxer, ce qu’il réussit par contre très bien).

On trouve


1800illettre.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« prosces verbal »,

 

« des clarations »,

 

« encosséquans »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ou bien, dans d’autres enregistrement :


 

 

 

1800illettre-defenseur.jpg

« des fenceur de la patrie », (ou "des franceur")

 

 

1800illettre2.JPG

 

« une plasse des lèvre dans les colle vétérinaire de Lyon »

 

 

Mais surtout, un inadmissible...

  1800illettre-Curbigny.jpg

 « Curbignie »

 

 

 

 

 

Apparemment, il ne s’agit pas d’un illettré, puisque certains enregistrements ne comportent aucune faute. La fatigue peut-être ?

Mais ça rend la lecture de ses registres assez difficile. Heureusement pour le chercheur, son ministère ne dure que du 22 ventôse au 9 germinal an 8 (un peu plus de 15 jours).

 

 

(*) voir " Plaçons la Terreur à l'ordre du jour "  

(**) On nous précise qu'un des actes aurait été fait « en conséquence du jugement d’un tribunal ».

Par midy - Publié dans : histoire locale
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