Recommander

Concours

Mercredi 11 mai 2011 3 11 /05 /Mai /2011 15:58

 

Le 2 décembre 1851, coup d’Etat en France.

coup-d-etat.jpg

Louis-Napoléon Bonaparte laisse le choix aux Français : Je fais donc un appel loyal à la nation toute entière, et je vous dis : Si vous voulez continuer cet état de malaise qui nous dégrade et compromet notre avenir, choisissez un autre à ma place, car je ne veux plus d’un pouvoir qui est impuissant à faire le bien, me rend responsable des actes que je ne puis empêcher, et m’enchaîne au gouvernail, quand je vois le vaisseau courir vers l’abîme.

Si, au contraire, vous avez encore confiance en moi, donnez-moi les moyens d’accomplir la grande mission que je tiens de vous.

Le Peuple est invité à donner son avis « librement et spontanément », dit le Ministre de l’Intérieur, lors d’un vote qui doit se dérouler du 14 au 21 décembre : veut-il le maintien de l’autorité de Louis-Napoléon Bonaparte et lui délègue-t-il les pouvoirs nécessaires pour faire une Constitution sur les bases proposées dans sa proclamation du 2 décembre ?.

C’est beau la démocratie, n’est-il pas ?

Sauf que, on a beau être dans un pays libre, on ne va pas s’embêter avec des questions d’isoloir, on va faire voter les gens au vu et au su des autorités…

C’est tout simple, les gens viendront inscrire leur choix, sous les yeux du Maire, sur un des deux registres : l’un pour l’acceptation du plébiscite, l’autre pour le rejet.

 

1851scrutin première version

 

 

 

Et le Ministre ne doute pas un instant de la « spontanéité et de l’indépendance des suffrages ».

 

 

 

 

Se rend-il soudain compte de l’incroyable outrage que ce mode de scrutin inflige aux principes démocratiques ? Le 5 décembre, à deux heures du matin, il envoie une dépêche télégraphique à tous les Préfets :

 

Suspendez la publication et, au besoin, faites disparaître les affiches du Décret du 2 décembre sur les élections. Vous allez recevoir un nouveau Décret rectifié.

 

 

 

 

Mais, dans les jours qui suivent, rien ne change :

 

 

  • On envoie aux Maires une affiche (que je n’ai pas trouvée) dont le Ministre dit lui même : si l’affiche dans les salles d’élection pouvait être considérée comme un moyen d’influencer les électeurs, il suffira de faire afficher à l’extérieur (sic !).

 

  • On écarte les représentants jugés peu fiables, on destitue les fonctionnaires qui ont montré de la faiblesse :

 

Trois conseils municipaux sont dissous dans l’arrondissement de Charolles, 21 maires et 13 adjoints sont révoqués. Les autres maires sont invités à se rendre à Charolles, cent d’entre eux qui n’avaient pas une excuse valable s’y précipitent.

Malgré ce travail d’épuration, le sous-Préfet incite fermement les juges de paix à s’occuper de l’élection qui se prépare en assistant les maires faibles, incapables ou médiocrement entourés

« J’aurai l’œil ouvert sur tout et ne négligerai aucun moyen d’arriver au résultat que je désire et auquel je me suis dévoué », proclame le sous-Préfet à son supérieur.
 

 

 

  • On supprime les journaux qui discuterait la légalité des actes du gouvernement,

 

 

 

  • On envoie des colonnes mobiles dans les campagnes, et les résultats sont tout à fait probants car les autorités ont (soit disant) maintes fois entendu les paysans dire : « Tu vois ce qui nous fût arrivé si nous eussions bougé » (je me demande si on peut dire ça aussi élégamment en patois brionnais…)


Pour couronner le tout, le Département de Saône et Loire est mis en état de siège par le Gouvernement (le 9 décembre). L’autorité en matière de police passe à un Général (Montréal ?)qui décide, immédiatement, que tous les attroupements seront dissipés par la force et que tout individu pris en train de construire une barricade subira les lois de la guerre. (qu’il sera fusillé, quoi !)

Autour de la Clayette, on ne signale pas de mouvements d’humeur de la population. D’une façon générale, le calme règne dans le Département (*).

 

Mais on ne peut pas parler de l’état de l’opinion publique sans évoquer l’agitation à Charolles, discrète parce que vite réprimée… (à suivre)








(*) Le beau et riche département de Saône-et-Loire s’était signalé, en 1848, par ses votes nommant uniformément des représentants de l’opinion démocratique avancée. La résistance aux décrets du 2 décembre n’y fut cependant pas aussi vive que l’autorité n’avait lieu de le craindre et que les républicains n’étaient en droit de l’espérer. Un mouvement insurrectionnel sérieux eût été d’une gravité extrême dans ce département, qui coupe entièrement les communications directes entre Paris et Lyon et qui aurait relié les populations ardentes de l’Allier, de la Nièvre d’une part ; du Jura et de l’Ain d’une autre.

Les tentatives de résistance qui s’y produisirent furent isolées les unes des autres, peu énergiques et sans consistance.

A Châlon-sur-Saône quelques conseillers municipaux et plusieurs des hommes influents du parti démocratique se réunirent pour rédiger une protestation. Ils furent arrêtés sans que la population paraisse s’être fort émue.

Une trentaine d’hommes armés partirent du village de Fontaines, se portèrent sur Chagny et voulurent s’emparer de la Mairie. Le maire, M. de Coqueugnot, se défendit à la tête de quelques gardes nationaux. L’un d’eux fut blessé dans la lutte. L’arrivée d’un détachement de dragons, accourus de Châlon-sur-Saône, rétablit la tranquillité.

A Tournus, un rassemblement occupa la Mairie, y passa la nuit, mais se dispersa à l’arrivée d’un détachement de troupes. A Louhans, le mouvement, d’abord menaçant, se calma promptement et sans grandes difficultés.

Il n’y eut qu’une seule insurrection réellement sérieuse.

Un démocrate influent dans le pays, M. Dismier, croyant pouvoir compter sur le concours de ses amis politiques de Mâcon, souleva Saint-Gengoux, Saint-Sorlin et les communes voisines. Il réunit une bande de cinq à six cents hommes armés, entra sans résistance à Cluny et s’achemina vers le chef lieu du département.

L’autorité, avertie de l’approche de la colonne républicaine, envoya à sa rencontre un fort détachement d’infanterie et vingt gendarmes à cheval, ayant en tête le substitut du procureur de la République, Martin, et le commissaire de police, Pemmejean. Les insurgés furent rencontrés à quelque distance de la ville. Une fusillade vigoureuse ne tarda pas à s’engager, et le rassemblement, chargé à fond par les gendarmes, fut repoussé après avoir perdu quelques hommes tués ou blessés. La population de Mâcon n’avait pas bougé pendant cet engagement.

C’est le rassemblement d’insurgés dont nous venons de parler qui aurait, au dire des journaux napoléoniens de l’époque, extorqué deux mille francs à M. de Lacretelle et menacé le château de M. de Lamartine, lequel aurait fait demander du secours aux autorités. MM. de Lacretelle et de Lamartine ont démenti publiquement ces allégations.

 

 D'après Eugène Ténot - Etude historique sur le coup d’Etat, Paris 1868

Par midy - Publié dans : histoire locale
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 7 mai 2011 6 07 /05 /Mai /2011 16:54



Lors du dernier bal des jeunes à Tancon, le maire qui craignait des débordements avait demandé l’aide de la gendarmerie de la Clayette, mais il n’y avait pas un porteur de godillot pour aller si loin et y assurer la tranquillité publique.

Alors le maire réquisitionna quatre habitants pour empêcher les querelles qui s’élèvent ordinairement dans ces assemblées tumultueuses.
 

 

Mais personne n’avait répondu à la convocation !

Et ce qu’il craignait est arrivée, une rixe eut lieu qui aurait pu avoir des suites fâcheuses si un gendarme qui passait par là, par hasard, n’avait rétabli l’ordre. – c’était en 1807 (*) .

 

 

 

 

 

Sur cette « terre de contrastes entre la Bourgogne du Sud, le Rhône et La Loire [qui] décline sa gamme de verts et de bleus. Pâturages ouvrant sur des horizons plus larges, collines boisées où se mêlent feuillus et résineux. Sentiers, rivières, étangs ou lacs invitent le visiteur à la détente » (**), comment peut-on encore tolérer ces sources de bruit et de tumulte ?



Sans parler du reste…

  • ULM, mobylettes du ciel rasant les maisons
  • Rallye du Brionnais de midi à minuit (rien qu’à voir le site, on se demande si on est en présence d’adultes ou de gamins pas finis ; gaspillage, CO2, connaît pas)
  • Ba l des conscrits, bal des imbéciles en plein village, sous des tentes pour que chacun en profite à des kilomètres à la ronde


 

 

Tout est bon pour faire du bruit dans cette région où l’idée de pollution n’arrive pas jusqu’aux neurones des autorités qui permettent toutes ces agressions.

« Il faut bien que les gens s’amusent ».

Faire fuir les touristes, c’est ça qui va être marrant pour ce territoire qui compte ses activités économiques sur le doigt d'une main…

 

 

 

 

 

 

(*) Les convoqués qui avaient déclaré forfait seront condamnés à un franc et demi d’amende à verser dans les caisses de la commune, ah mais ! Il y avait, entre autres, Antoine Barriquand, descendant de Thomas Barriquand qui  faisait partie des « insurgés » de Châteauneuf qui libérèrent  le prêtre réfractaire Vincent, enfermé par les autorités en 1797 – voir « Sur la Terre » page 172.

 

(**) d'après les optimistes !  (link)

Par midy - Publié dans : histoire locale
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 21:10

 

moulin-bazolle-rampe.jpg

 

 

 

J’ai souvent pensé, en remontant en vélo de l’étang de la Bazolle, que la rampe était vraiment rude avant d’arriver au passage à niveau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis bien aise d’avoir découvert que le maire de Curbigny pense la même chose : il s’est plaint au Préfet que, depuis la construction de la ligne de chemin de fer Roanne-Chalon sur Saône (*), la circulation est devenue très difficile pour les agriculteurs et pour le meunier Lamboraud de la Bazolle (pour ceux qui n'ont pas suivi : La Bazolle ).

Malheureusement, tout le monde s’en fiche à Mâcon… on prétend que le chemin en question a peu d’importance, que la rampe ne dessert que le moulin et que tout a été réalisé conformément au projet, c’est à dire avec une déclivité qui n’excède pas 0,159m. (**)

Personnellement, je ne comprends pas ces termes techniques mais je voudrais bien que le Préfet vienne faire du vélo à Curbigny. Le tour de Curbigny, une belle rando, ne passe justement pas par là pour ne pas user les mollets des randonneurs !







LE TOUR DE CURBIGNY


Carte IGN 2828 Est - 2928 Ouest
temps comptés avec les pauses et visites

Point de départ : place de l’église (pas de commerces)
Longer l’église romane vers l’est. Au premier embranchement, descendre vers la Bourdonnière, passage du ruisseau de la Bazolle (ancien lavoir ruiné).

La Bourdonnière (calvaire, fromages de chèvre le « Curbignol » 03.85.26.82.28....),

A la hauteur de la ferme la Bourdonnière, monter à droite puis prendre à gauche un chemin puis plus loin encore à gauche vers la forêt. A la sortie du bois, prendre la route à gauche. A une croisée de routes (calvaire), prendre
à droite, en direction du bois de Sarre. Plus loin, à gauche un chemin descend vers un pont sur un petit ruisseau. quelques mètre plus loin, tourner à droite continuer sur le même chemin goudronné jusqu’à un pont au dessus d’une ancienne voie ferrée en partie comblée. Continuer tout droit jusqu’à Montessus. Dans le hameau, prendre le chemin à gauche. On arrive à

BOIS SAINTE MARIE (6 Km - 0h30)
Le village à droite recèle une magnifique petite église romane avec déambulatoire et chapiteaux sculptés. Mérite le détour...
Sinon, laisser le village pour poursuivre sur la gauche vers Dyo jusqu’à un embranchement : on prend à droite puis de nouveau à droite un chemin jusqu’à

D193 VALETINE (9 Km - 1 h)
prendre la route à droite, laisser la route pour monter vers les Leurres. Un chemin à gauche (broussailleux)
rejoint la D193 qu’on traverse pour prendre une route qui mène à

OUROUX sous le BOIS SAINTE MARIE (12 Km - 1 h 30)
conserver la route jusqu’au cimetière, laisser un premier chemin à droite pour monter dans le deuxième puis tout de suite à gauche. Le chemin redescend ensuite vers Conche, ancien moulin. (on rejoint à droite le tour de Dyo, portion commune jusqu’à proximité de la chapelle de Notre Dame des Bois), remonter en face puis tourner à gauche un chemin ombragé qui longe à distance la voie ferrée. A la sortie du sous bois, monter à droite pour rejoindre après un pont sur la voie ferrée

SAINT PRIX (16 Km - 2 h 30)
(petite chapelle du XIe élevée en l’honneur de Saint Priscus, évêque de Clermont et martyr en 670. Dalles funéraires) Continuer la route en montant (fontaine à droite) jusqu’à un embranchement (à droite, chapelle , Notre Dame des Bois à 100 m) prendre la route à gauche puis encore à gauche. Dans un virage, prendre un chemin qui se divise. Prendre celui de gauche qui descend vers un petit ruisseau, remonter en longeant la forêt (décimée par la tempête de décembre 1999), sur un chemin herbeux en lisière de bois jusqu’à une route. On la traverse en direction de

BAUBIGNY (19,5 Km - 3h)
(vieilles maisons du XVIIe)
dans le hameau, continuer tout droit sur un chemin qui devient herbeux en descendant vers un chemin de terre qu’on prend à gauche pour remonter ensuite sur une route goudronnée qui longe le parc du

CHATEAU DE DREE (21,5 Km - 3 h 30)
(Monument historique privé XVIIe construit par Charles de Blanchefort Créquy, gendre du connétable de
Lesdiguières. Vendu au Comte Etienne de Drée en 1748, puis à la Comtesse de Tournon Simiane en 1837. Acquis en 1995 de ses descendants les princes de Croye Visites du 1er mai au 11 novembre : 03.85.26.84.80)

sur la route qui monte vers l’entrée du château, prendre à droite un large chemin herbeux qui rejoint une route goudronnée après une ferme sur la droite. On rejoint la route qui monte vers le château. Prendre à droite puis encore à droite. Traverser la voie ferrée jusqu’au point de départ (23,5 Km - 3 h 45)

 

 

vttcurb2.jpg

 

Je sais, ce n'est pas très lisible. C'était mieux sur mon  site VTT, qui a fermé sans préavis...

 

 

 

 

(*) LIGNE DE CHALON-SUR-SAONE A POUILLY-SOUS-CHARLIEU ET ROANNE

Déclarée d'utilité publique le 8 janvier 1874, classée dans le réseau d'intérêt général par la loi du 17 juillet 1879, cette ligne fut, à l'origine, un projet de chemin de fer d'intérêt local du conseil général de Saône-et-Loire. Ce dernier, devant son incapacité à le mener à terme, laissa à l'État le soin d'achever la construction de cette voie demandée vivement par la population. D'une longueur totale de 96 km la ligne a été ouverte à l'exploitation le 1er mars 1889 pour la section  de Clermain  à Pouilly-sous-Charlieu  (Source AD 71)

(**) (réponse de l’ingénieur en chef départemental le 15 octobre 1884)

Par midy - Publié dans : histoire locale
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 4 mai 2011 3 04 /05 /Mai /2011 12:21




En 1853, Curbigny n’avait toujours pas de « maison commune ». Il faudra attendre le début du XXe siècle pour que cette belle localité ait enfin une mairie digne.

 

 

En attendant, une pièce louée à un particulier faisait l’affaire pour tenir lieu de maison commune, loger les archives et réunir les assemblées municipales.

Mais, tout de même, on ne peut pas dire que les autorités aient choisi la facilité en 1853 : la maison commune est installée là :

 

 

vers-l-etang.jpg

 

  Dans la maison de Claudine Fricaud (*), veuve Machillot, une seule pièce en rez-de-chaussée que la commune paiera 40 francs par an.

 

 

vers-l-etang4.jpg


 

Peut-être que le maire de l’époque habitait le coin…

 

 

 

 

 

 


Ben non… c’est que le fils de la proprio est… secrétaire de mairie ! (**)

 

 

 

 

vers-l-etang2.jpg

 

 

  ça pourrait être cette maison :

 

salle-louee-pour-mairie.jpg

 

 

(*) Claudine Fricaud (veuve en première noces de Jacques Alix) est la grand-mère  de notre Eugénie.

(**) Le maire, Claude-Marie Mommessin, habite les Rondets (après le château de Drée, presque à Saint Symphorien !)

Par midy - Publié dans : famille
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 3 mai 2011 2 03 /05 /Mai /2011 16:49




Jean Gauthier, fils de Pierre et Anne Dury, soldat de la 5e Compagnie, 3e Bataillon, 18e Régiment de ligne qui était entré au service le 5 mars 1806, a déserté le 2 mai (*)

Et on ne sait pas où il est passé… Son signalement : 1, 76 mètre, cheveux châtains, yeux gris, nez petit, bouche moyenne, menton rond, visage ovale…

 

 

 

 

On le retrouve, quelques années plus tard.

Le 22 avril 1811, le Conseil de guerre de Strasbourg juge.

 

Finalement, on ne retient pas contre lui le fait qu’il était parti avec les effets fournis pas son Corps. Trois ans de prison ! (Heureusement, l’Armée n’a pas trop cherché car Jean Gauthier avait commencé par être réfractaire, voir Militaires et déserteurs .)

 

 

 

Il faut dire que, quand on est conscrit de 1802, comme lui, et toujours à l’armée en 1806… ça fait long. Voyez ce qu’en pense  ce soldat sur le front d’Italie :

Lettre pour Jean-Marie Rajeaud à Poisson



Gênes le 2 novembre 1808

Mon cher père,

Je mets la main à la plume pour savoir l’état de votre santé ainsi que ma mère et mes frères et sœurs et toute la maison. Pour moi, je suis à l’hôpital depuis un mois et deux jours pour la fièvre et pour le mal des écorchures ? que j’ai aux dents.

La fièvre est bien passée, il n’(y) a plus que le mal que j’ai à la bouche mais il va bien mieux. Je ne crois pas d’y rester longtemps, peut-être encore environ quinze jours.

(…)

Rien de nouveau à vous marquer pour le présent qu’il y a beaucoup de notre Compagnie de partis : les uns pour l’Espagne, les autres pour Boulogne ( ?) et les autres pour Metz ( ?) Ils se sont embarqués sur mer. Nous sommes encore environ deux cents à Gênes.

Mon cher père, voilà la troisième lettre que je vous écris et je n’en ai reçu rien qu’une des vôtres. Je crois que vous m’avez oublié, que vous ne pensez plus à moi. Je vous prie de me marquer s’il n’y a point de nouvelles bonnes au pays et si vous avez fait une bonne récolte en toutes choses et je vous prie de me faire réponse de suite.

Je finis en vous embrassant de tout mon cœur, Claude Rajeaud votre fils. Je fais tous mes compliments à tous mes amis, je ne peux pas écrire, j’ai pas la main sûre du tout.

Pour mon adresse : Claude Rajeaud, soldat 67e Régiment, 3e Bataillon, 3e Compagnie en garnison à Gênes.


D’autant que, pour lui, ça a dû mal se terminer parce que, depuis cette lettre, il n’a plus donné de nouvelles et que, le 14 avril 1817, le Ministre de la Guerre fait savoir à ses parents qu’il a été rayé des cadres pour cause de trop longue absence




(*) Je n’ai pas cherché le lien de parenté entre sa mère et nos ancêtres. A mon avis, il n’y en a pas… Un déserteur chez nos cousins ? Impossible, n’est-ce pas mon Colonel ?

Par midy - Publié dans : histoire locale
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés