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Les Prussiens dans le Brionnais

par Durix 4 Avril 2014, 10:21

suite de http://dury.over-blog.com/2014/03/la-clayette-occupee.html (*)

 

En février 1814, l'arrivée des troupes coalisées dans le Brionnais provoqua une réaction (concertée ?) des autorités : ainsi, les receveurs de l'Enregistrement plièrent armes et bagages à l'annonce des colonnes hostiles :

 

 

A Charolles, le receveur écrit sur le registre :

 

"L'ennemi étant entré à Charolles le 7 février à 11 heures et demie du matin, et n'en étant sortie que le 20 (et de l'arrondissement le 21), il suit que pendant cet intervalle, les pouvoirs comme les fonctions des receveurs ont cessé."

 

Le procès-verbal de reprise des activités du receveur ajoute une information intéressante : la reprise de l'activité a été précédée d'un "avertissement préalable donné, par l'huissier Berger, à tous les fonctionnaires publics qui ressortissent du Bureau."

 

 

Les Prussiens dans le Brionnais

A la Clayette, le receveur indique que le Directeur de l'Enregistrement lui a demandé de cesser ses fonctions immédiatement : les troupes ennemies allaient arriver dans la ville d’un moment à l’autre. Compte tenu des circonstances, il ne paraissait pas indispensable qu’un receveur fasse du zèle.

Le receveur allait expliquer la situation au maire de la Clayette en le priant de venir certifier officiellement ses écritures. Il partit ensuite chez le juge de paix pour lui demander de faire apposer des scellés sur les deux portes de mon bureau, scellés dont sa gouvernante devait assurer la conservation.

— Des morceaux de papier collés à la cire, ricana la servante du receveur quand il lui présenta sa mission. Sûr que les troupes ennemies vont les regarder à deux fois avant d’enfoncer les portes !… (in "Un courant d'air" page 51)

Les troupes d'occupation arrivèrent le 9 février à 9 heures du matin.

A Chauffailles, le receveur ne fait pas d'arrêté officiel de ses écritures mais il n'enregistre aucun acte du 11 au 20 février.

En avril, les troupes sont de nouveau dans l'arrondissement et les receveurs adoptent la même stratégie de fermeture des bureaux.

Au mois de juillet 1814, on apprend que Jean-Baptiste Geoffroy, le sous-préfet de Charolles, s'est "retiré à Lyon attendu les circonstances de la guerre" ! Il doit être tellement inquiet qu'il y fait une donation de ses biens à sa famille (et il y en a...)

(*) Il faut bien que je fasse quelque chose pour commémorer ce bicentenaire, sans importance aux yeux du Ministère de la Culture, comme on peut le voir sur le site, où l'on apprend qu'on va saluer la mémoire de l'Impératrice Joséphine, de Louis de Funès, de Luis Mariano... http://www.culturecommunication.gouv.fr/var/culture/storage/pub/commemorations_nationales_2014/index.htm#/1

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