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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 00:16

La Révolution avait plongé les catholiques dans un état dramatique. Sous le Premier Empire, de nombreuses paroisses étaient vacantes, leurs églises réduites à des bâtiments nus, sans ornements ni mobilier. Le clergé, décimé et vieilli, s’éteignait peu à peu.  La plus grande partie du Brionnais s’opposa cependant aux révolutionnaires dont les méthodes brutales ne correspondaient pas au tempérament lent des gens d’ici. A Varennes sous Dun, il y eut des émeutes comme, un peu plus loin, à Chassigny lorsque la Convention décréta la fermeture des églises.

A l’église du bourg de Saint Racho, le curé de la Rochette, de famille noble, exerçait son ministère sous l’œil soupçonneux des autorités révolutionnaires, qui ne pouvaient cependant rien faire brutalement dans ce village où les paroissiens continuait de porter un grand respect à leur pasteur.

Mais le noble curé aggrava son cas en refusant de prêter serment.

Jusqu’en 1791, il continua de baptiser, marier et enterrer sans encombres. Le 12 juillet, il célébra son dernier mariage  avant d’être obligé de laisser la cure. Il se retira dans une maison qu’il avait achetée dans les abords de l’ancienne église de Dun délabrée .



De nombreux partisans de l’ancien curé se recrutaient aussi parmi les opposants au serment. Dans les villages voisins, on avait appris la nouvelle et beaucoup souhaitaient que le curé de la Rochette leur serve de pasteur dans l’église, même à moitié ruinée, de Dun. C’est pour répondre à cette insistante demande que le curé déchu reprit du service dans l’ancien sanctuaire :

- Nous sommes ici, mes frères et mes amis, dans une maison de Dieu qui n’a pas été souillée par les révolutionnaires.

Ça ne dura pas longtemps… il y eut dénonciation. Le 20 septembre 1791, l’église de Dun fut fermée au culte et le curé s’exila… 








 

Par midy - Publié dans : histoire locale
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Mardi 27 janvier 2009 2 27 /01 /Jan /2009 23:03


Après la loi sur les suspects (17 septembre 1793), les comités de surveillance menèrent un travail de nettoyage qui ne fut pas toujours apprécié .



La séance ci-dessous du comité de surveillance de la Clayette montre que ses membres ne brillent pas par leur hauteur de vue.


Ce jourd’hui, 4 octobre 1793, l’an deux de la république française une, indivisible et démocratique, sur les six heures du soir dans une salle du rez-de-chaussée des bâtiments du citoyen Sivignon maire de la ville de la Clayette, les membres du comité de surveillance convoqués et assemblés, quelqu’un desdits membres (on est courageux dans l'anonymat...) ayant dit avoir des indices qu’il y a des armes dans les maisons des citoyens Noblet ainsi que des munitions en plomb et poudre et que les citoyens sont suspects, l’un étant père d’immigré et l’autre oncle, doivent être désarmés ainsi que leurs agents et domestiques, aux termes des décrets de la Convention et arrêté que les municipalités de la Clayette et Curbigny seront invités à de transporter chez les citoyens Noblet à l’effet de faire enlever les armes et munitions qui peuvent être en leurs pouvoirs et de leurs agents et domestiques, à l’effet de quoi le présent arrêté sera communiqué par extrait au procureur desdites communes et se sont lesdits membres soussignés avec le secrétaire greffier.





Mais quand un pays peut prévoir (décret du 7 août 1793) que
"tout homme qui sera surpris dans des rassemblements, déguisé en femme, sera puni de mort",  on n'est pas étonné de lire de tels raisonnements d'un petit comité de surveillance provincial qui ne fait, finalement, qu'appliquer les principes de la Terreur :

Art. 2.
Sont réputés gens suspects : (...)

ceux des ci-devant nobles, ensemble les maris, femmes, pères, mères, fils ou filles, frères ou sœurs, et agents d'émigrés, qui n'ont pas constamment manifesté leur attachement à la révolution


(décret du 17 septembre 1793 relatif à l’arrestation des gens suspects)

Par midy - Publié dans : histoire locale
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Lundi 26 janvier 2009 1 26 /01 /Jan /2009 23:50

Avant la révolution, vingt cinq paroisses du Brionnais (dont Saint Racho, Curbigny, Bois Sainte Marie...) se battent contre les Etats du Mâconnais qui veulent leur imposer de prendre le sel au grenier de la Clayette en le taxant fortement, alors que les habitants du Brionnais crient haut et fort qu'ils n'ont rien à voir avec les Etats du Mâconnais, qu'ils dépendent de Dijon... Pour éviter de prendre le sel taxé à la Clayette, ils avaient l'habitude, depuis longtemps, d'aller dans le Lyonnais ou en Beaujolais.

Une bataille qui durait depuis deux siècles favorisait la contestation mais aussi, hélas, les visites domicilaires, ces perquisitions déplorables, menées par des brigades exécrées de la population.

Voilà le compte rendu d'une de ces visites. C'est évidemment la version des brigades, mais on voit bien que derrière le style exagérément administratif de ce procès-verbal, les hommes du sel avaient la tête enflée par l'importance de leur injuste mission. Le texte original est écrit sans ponctuation, d'une seule phrase, prétentieuse...


L’an 1788 et le vingt sixième jour de janvier, sur environ les deux heures après midi, à la requête de Messieurs des Etats du Mâconnais comme à celle de Maître Jean Baptiste M, adjudicataire général des fermes, aides et gabelles de France, demeurant à paris du Grenelle paroisse saint Eustache, poursuites et diligence de Maître Charles Perret directeur général de la Régie desdits Etats demeurant à Mâcon rue Bourgneuf paroisse saint Pierre (…)

Nous soussignés André Routier, Joseph Besson, Joseph Lalime, Etienne Hugon et André Tournier, brigadier, sous-brigadiers et employés des fermes du Roi et des Etats du Mâconnais en poste au bourg de la Clayette, ayant tous serment en justice, savoir Routier et Lalime pardevant messieurs les officiers juges élus en l’élection de Mâcon, Besson pardevant les juges des traites à Dijon et les autres dénommés pardevant qui de droit, munis de nos commissions et prestations de serment, revêtus de nos bandoulières à vue aux armes du Roi et à celles de la province du Mâconnais certifions qu’étant à l’heure susdite dans le hameau de Bocot (Boucaud) paroisse de Saint Racho en Mâconnais pour y prendre le relevé des feuilles des gabelles ou billets de regrat, nous sommes entrés au domicile du nommé Jacques Boucaud habitant dudit lieu, accompagné de Pierre Gelin, témoin requis, le syndic absent, après avoir déclaré nos qualités audit Boucaud, l’avons sommé de par la loi de nous représenter ses feuilles de gabelle et billets de regrat avec tout le sel qu’il avait pour l’usage de sa maison, nous a répondu n’avoir ni l’un ni l’autre. Nous avons déclaré audit Jacques Boucaud que nous entendions faire une exacte visite dans toute l’étendue de son domicile, lui observant que si nous y trouvions du sel, que nous le saisirions comme faux et qu’il ait à nous y accompagner.

Y procédant en sa présence et celle de notre dit témoin, nous sommes parvenus dans un grenier attenant à la maison, où nous avons trouvé caché sous du chanvre, un sachet de toile contenant environ trois onces de sel, ce que nous avons fait observer audit Boucaud et témoin qui, sommé de nous dire de qui et combien il avait acheté ledit sel et ait à nous en justifier la levée par une feuille de gabelle ou un billet de regrat provenant d’un grenier du Mâconnais, nous a répondu n’en avoir point, attendu qu’il avait acheté ledit sel d’un homme à lui inconnu et qu’il ne lui avait délivré aucune feuille de gabelle. Vu l’exposé ? dudit Boucaud et la fraude par lui commise, nous lui avons, parlant à sa personne, présent notre témoin, déclaré procès verbal et la saisie de sondit sel. Nous nous en sommes réellement saisi aux susdites requêtes, ayant tous ensemble descendu dans la cuisine munis dudit sel laissé dans le même sachet et pesé avec un crochet que ledit Boucaud avait, qui s’est trouvé du poids de trois onces, lequel sachet c
ontenant ledit sel saisi que nous avons lié d’une ficelle sur le nœud de laquelle avons apposé de l’un de nous sur cire rouge des plaques ? dont l’empreinte est ci-contre, sommé ledit Boucaud et témoin d’y apposer les leurs à côté des nôtres, comme de venir avec nous au grenier à sel de la Clayette pour être présents à une nouvelle pesée et dépôt que nous entendions y faire (…) Etant sur le point d’acter, ledit Jacques Boucaud aurait reconnu son tort et nous aurait offert une somme de vingt une livres et les frais du verbal, pour lui tenir lieu d’amende à sa contravention, nous, commis, voyant le peu d’objets saisis, nous avons accepté ladite somme sous le bon plaisir et vouloir de nos supérieurs, laquelle somme pour être remise en mains de Monsieur Friset(*), contrôleur des crues au bourg de la Clayette et, à l’instant, sommes partis dudit domicile munis dudit sel saisi, pour nous rendre au grenier à sel de la Clayette où étant et parlant à Monsieur Garmier, faisant pour Monsieur   de Saint Loup receveur des gabelles audit grenier et procédé à la pesée dudit sel qui s’est trouvé du même poids que ci-devant dit dont mondit sieur Garmier s’en est chargé pour le représenter lorsqu’il en sera requis et a signé avec nous pour sa charge et garde et ladite somme de vingt une livres que nous avons remise es mains de Monsieur Friset contrôleur, qui a de même signé et pour en compter à qui de droit.

De tout quoi nous avons rédigé le présent qui nous certifions sincère en tout son contenu pour servir et valoir ce que de raison.

Fait et clos audit grenier les jour mois et an susdits où nous nous sommes soussignés chacun pour ce qui nous concerne.


(*)Friset, le contrôleur, sera emprisonné à Charolles par les révolutionnaires...

Par midy - Publié dans : histoire locale
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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /Jan /2009 23:35
Dernière page du registre de Saint Racho en 1709 : 109 décès.
En 1690, la population de ce village était de 90 habitants !

 









Par midy - Publié dans : famille
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Samedi 3 janvier 2009 6 03 /01 /Jan /2009 23:33

Procès-verbal dressé par le président de la Chambre des Comptes de Dijon en 1690
(Archives Départementales de Côte d'Or)

Le vingt sixième du mois d’octobre, nous nous sommes transportés au village de Dun le Roy composé de huit hameaux appartenant à Messieurs de la Clayette, de la Garde et Chevane, situé au dessus de hautes montagnes et dans le penchant d’icelles      

 Ayant à notre arrivée fait assembler les habitants de l’un desdits hameaux, ayant en même temps averti ceux autour qui se [sont] représentés pardevant nous savoir, Pierre Trichard, André Augay, François du Rys, Jean de la G…,  Trouillet et plusieurs autres   avec Benoît Gelin et Etienne Gelin collecteurs        qui nous [ont] remis leur rôle de la taille de ladite année affirmé par eux véritable, étant de la somme de 474 livres 13 sols, compris à icelle 89 livres 16 sols pour le droit de collecte à raison d’un sol par livre pour façon dudit rôle, et douze livres dues annuellement au sieur de la Motte, ancien receveur à Semur en Brionnais pour le droit de fouage       

Nous [avons] après quoi procédé à la visite dans les hameaux de pot en pot, assisté desdits habitants et collecteurs ci-dessus nommés, nous y avons trouvé quatre vingt dix habitants et sept femmes veuves. Il y a quarante huit laboureurs faisant ensemble trente cinq charrues à chaîne de deux bœufs ou quatre vaches, il y en a quelques uns de quatre bœufs. Treize desdits laboureurs sont propriétaires de chacun une charrue, bétail, héritage et maison. Quatre d’iceux sont beaucoup chargés de dettes. Quinze autres sont propriétaires de douze charrues avec leur bétail, maison et héritage dont sept sont aussi endettés .  Le reste desdits laboureurs sont tous grangers au nombre de dix huit, n’ayant rien en propre, sinon deux qui ont chacun une petite maison.

Le surplus des habitants sont un cordonnier qui est propriétaire de sa maison, un maréchal et [des] journaliers qui sont tous pauvres. Il y a huit desdits habitants qui sont passablement meublés, le reste n’ont aucun meubles, leurs maison sont bâties de pierres, couvertes de paille en bien mauvais état. Leur terrier sont à seigle et blé sarrasin fort stérile.       

 N’ont point de bois communaux pour leur chauffage         

Nous ont remontré que leurs terres étant sablonneuses et fort légères que dans le temps qu’il vient des neiges et qu’elles fondent, elles entraînent depuis le dessus des montagnes au dessous toutes les terres. Les grandes pluies n’en font pas moins.

Qu’il y a quinze domaine qui autrefois étaient possédés par des propriétaires. Présentement, ce ne sont que des grangers de Monsieur de la Garde, de Chevanne, du Mont et d’autres particuliers de la ville de Mâcon et autres lieux qui les cultivent.





Par midy - Publié dans : histoire locale
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