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Concours

Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 23:32



En septembre 1846, le département de Saône et Loire fut parcouru (*) par l'abbé Paramelle, chercheur de sources réputé.

 

Paramelle-dessin.jpg


image Spéléo Club de Paris (link)

 

Cet ecclésiastique, né en 1790, avait été ému par le manque d’eau qui pénalisait beaucoup ses paroissiens du Lot.

Serait-il possible, écrit-il, que Dieu eût abandonné à jamais tant d'infortunées populations aux angoisses de la soif ! Ne serait-il pas possible de trouver dans ses malheureuses contrées des sources, fussent-elles très profondes ? (wikipedia)

Il se forma  à la recherche de sources par attrait personnel pour cette discipline et il obtint de son évêque l’autorisation de délaisser sa paroisse le temps de ses visites.

Dès 1827, le ministre de l’intérieur de Martignac avait demandé au Préfet du Lot un rapport sur les travaux exécutés sur les indications de l’abbé. Il aurait eu l’intention de lui verser une pension viagère et une indemnité pour ses voyages s’il envisageait de parcourir la France sur demande des autorités.

Mais l’abbé Paramelle ne suivit, en réalité, aucun ordre pour ses tournées : il allait là où les demandes étaient les plus nombreuses et les plus rapides (en 1830, par exemple, il avait reçu plus de 1500 demandes pour le Var).

Pour ses honoraires :

Ne pouvant, de l'aveu de tout le monde, faire des courses si pénibles et si dispendieuses sans aucune espèce de rétribution, j'ai fixé les honoraires d'après les distances, leur conservant toujours ces caractères de modicité et d'éventualité qui leur ont mérité l'approbation générale. Ainsi, on me compte pour chaque source que j'indique, savoir :

Dans le département du Lot : 10 fr.
Dans les six départements circonvoisins, qui sont la Dordogne, la Corrèze, le Cantal, l'Aveyron, Tarn-et-Garonne et Lot-et-Garonne : 15 fr.
Dans les départements qui sont contigus à ces derniers : 20 fr.

Lettre de l’abbé le 3 décembre 1835
(**)
 
Avant de se rendre dans le département choisi, il repérait toutes les communes où des souscripteurs avaient réclamé son intervention et leur envoyait une lettre avec les date et heure de son passage.


Le voilà à pied d’œuvre dans le Département. Son premier soin est de réunir tous les souscripteurs de chaque commune et de leur indiquer le circuit qu’il suivra dès le lever du jour jusqu’à la nuit. Les pauvres seront les premiers servis et gratuitement. Il s’arrêtera le dimanche pour célébrer la messe et trouvera le temps de lire son bréviaire.

L’Echo du Charollais rapporte : le savant et modeste abbé arrive, escorté des notables de la commune qui sont allés le recevoir sur leurs limites. On le presse, on l’entoure, on l’examine. C’est un homme de haute taille, vêtu de noir, d’une figure franche et ouverte, au front vaste, au regard pénétrant, qui sourit avec bienveillance et s’empresse de déclarer aux habitants qui lui témoignent une flatteuse impatience :

Je n’ai pas le don des miracles mais seulement un peu d’habitude à découvrir les moyens dont se sert la nature pour transporter et faire circuler les eaux reculées dans le sein de la terre… (***)

On lui exprime le regret de ne pas le voir fonder une école où serait enseignée sa spécialité, il répond

Quelques mois d’étude de la géologie suffiraient pour que toute ma science soit acquise et trois mois de pratique donneraient mon aptitude à n’importe quel homme d’intelligence ordinaire.

 

 

 


 

 

(*) L’abbé Paramelle a été appelé dans 185 communes de Saône et Loire dont Saint Bonnet de Joux, Beaubery, Charolles, Poisson, Semur en Brionnais, Saint Julien de Civry, Oyé, Saint Christophe en Brionnais et Varennes sous Dun (où il a recherché l'emplacements de 24 sources)

 

(**) Pour les recherches en Saône et Loire, le tarif était un peu plus élevé  (On sait qu’il était de 25 frans pour l'Ardèche et de 45 francs pour le Calvados)

 

 

(***) Il ne croit pas à l’efficacité de la « baguette divinatoire » : Quoique j’aie opéré bien des fois, avec toutes les précautions prescrites et que je sois passé et repassé sur des cours d’eau souterrains dont le conduit m’était bien connu, je n’ai jamais remarqué que cette baguette ait fait d’elle-même le moindre mouvement dans mes mains. (préface de la 2e édition)

Paramelle livreSon livre, l’Art de découvrir les sources link pose en principe que les eaux, après avoir pénétré la superficie des terres, forment des veines, puis des rigoles, cherchent les pentes des terrains et descendent dans les vallons en suivant des conduits souterrains.









Par midy - Publié dans : histoire locale
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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 16:39



Le 25 janvier 1847, le comte Charles Marie Tanneguy Duchâtel, ministre de l’Intérieur, attire l’attention du Préfet de Saône et Loire :



Duchatel.jpg

 

 

 

 

 

 

Les violences commises dans plusieurs localités à l’occasion du renchérissement des grains font un devoir à l’Administration d’employer tous les moyens que les lois mettent à sa disposition...  POUR ASSURER LE MAINTIEN DE L’ORDRE ET DE LA LIBERTE DU COMMERCE.

 

 

 

 

 

 

 

 

Il rappelle à cette occasion que les communes où se produisent des désordres ont une responsabilité civile  et que les dégâts causés à cette occasion ne peuvent être réparés par les deniers de la caisse municipale mais doivent être mis à la charge personnelle des habitants (**)

 

Ce rappel devrait, selon lui, éviter des « excès dus souvent à l’égarement des populations »...

 

 

image-livre15.JPG

 

 

Et alors, la mère, vous vous égarez !

 

 

 

 

 

(*) Autre solution : limiter le nombre de pauvres. Monsieur le ministre est aussi l’auteur d’un « Traité de la charité dans ses rapports avec l'économie sociale » dans lequel il préconise le malthusianisme.

 

(**) Tous citoyens habitant la même commune sont garants civilement des attentats commis sur le territoire de la commune… (loi du 10 vendémiaire an 4)

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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 15:45



On a vu que les boursicoteurs avaient réussi à contourner le contrôle par l’Etat des transmissions de cours de Bourse en 1847.

Mais déjà, en août 1846, le Ministre de l’Intérieur avait eu vent d’une combine assez ahurissante :

Dès la fermeture de la Bourse, des banquiers de Paris utilisaient un service de courrier extraordinaire pour porter à Rouvray (Côte d’Or) les « cotes des fonds publics et des entreprises industrielles ».

Là, des émissaires venus de Lyon par diligence attachaient les courriers sur des ailes de pigeon voyageurs qui volaient jusqu’à Marseille.

 

pigeons-de-bourse.jpg

 

 

 

Cette opération, comme le souligne le Ministre, a « évidemment pour but de favoriser des spéculations coupables sur le places de commerce du Midi », mon cher Watson…

 

 

 

Il y a cependant deux choses qui clochent :

Pourquoi les émissaires montaient de Lyon alors qu’ils auraient pu attendre tranquillement le passage des pigeons ?
Et pourquoi utiliser des pigeons ? Bourse, pigeons, ça a quelque chose à voir ?


Par midy - Publié dans : histoire locale
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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 23:47



En 1847, toujours pendant la disette, l’engouement pour les actions des compagnies de chemin de fer et la sous-estimation du coût des travaux d'investissement ont fait monter les actions à des cours démesurés. L’effondrement des cours de Bourse révèle une crise du crédit qui provoque une panique bancaire et la faillite de nombreuses banques ainsi que la suspension de l'activité de plusieurs compagnies. (wikipedia)

Les autorités essaient de limiter les dégâts en suspendant les envois des cours de bourse par le télégraphe, la Poste restant le seul moyen de transmission des informations. 

 

 

Le 30 juillet, le Ministre de l’Intérieur s’émeut de ce que les « joueurs de Bourse ne paraissent pas avoir renoncé à l’emploi de moyens illégaux » pour connaître les cours avant la transmission par la Poste.

Ces voyous auraient même réussi à suppléer la suspension des envois télégraphiques par, tenez-vous bien, des « coups de sifflet donnés à des heures  et en nombre convenu ».

 

 

Les Préfets vont devoir investiguer dur pour traquer ces « spéculations illicites ».

 

 

Première chose à faire : mettre les sous-Préfets sur le coup :

 

1847bourse.jpgmention marginale du 6 août : "écrit aux sous-Préfets de Charolles et d'Autun"

 

 

 

Le sous-Préfet d’Autun, qui vient d’apprendre par un mystérieux informateur qu’on a établi une ligne télégraphique clandestine et nocturne à Château-Chinon, a entendu dire que « des signaux de correspondance avaient été placés sur le Mont Beuvray »

Il ne s’y est pas rendu lui-même (à quoi bon ?) mais il pense que la Justice « parviendra sans doute à découvrir le but de ces coupables manœuvres »

 

 

 

 

On est pas près d’éviter la crise des subprimes !

Par midy - Publié dans : histoire locale
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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 20:46



En 1847, après un hiver particulièrement rigoureux, la nourriture se fait rare. Un peu partout, des émeutes et des rassemblements réclament de l’aide. Louis-Philippe et Guizot en restent interloqués. Comment une jacquerie est-elle encore possible dans la France du libéralisme triomphant du fameux « Enrichissez-vous » ?

 

 

 

Que propose Auguste Lacroix, le maire de la Clayette ?

Le 7 février 1847, il fait voter par son Conseil unanime un crédit de 900 francs pour acheter mille double décalitres de grain pour le revendre moins cher à la population.

On fait appel à la générosité des notabilités de cette ville pour appuyer de leurs espèces sonnantes cette œuvre de bienfaisance et, dès le lendemain, les notaires, le vétérinaire, le docteur, le curé et les bons commerçants de la ville donnent entre 20 et 300 francs pour que toute la population puisse prendre du grain, selon son besoin en faisant une place privilégiée à la « classe la plus infirme, celle qui n’a souvent, le soir, que le prix de sa journée pour acheter du pain »

 

 

 

Réunir des fonds, publics et privés, pour acheter du grain qui sera revendu moins cher que sur le marché !

Comment, mais alors ? la concurrence libre et non faussée, il ne connaît pas ?

 

 

 

En transmettant sa proposition au sous-Préfet, le maire lui précise : grâce aux travaux qui ont été exécutés dans la commune par la classe malheureuse, la misère n’a pas été plus grande cet hiver que dans les années antérieures.

 

Est-ce que « travailler plus » serait le remède pour rouspéter moins ?

C’est à ces généreux donateurs qu’il faudrait le demander :

 

1847commission-subsistances-la-Clayette-liste.JPG


Par midy - Publié dans : histoire locale
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