En septembre 1846, le département de Saône et Loire fut parcouru (*) par l'abbé Paramelle, chercheur de sources
réputé.
image Spéléo Club de Paris (link)
Cet ecclésiastique, né en 1790, avait été ému par le manque d’eau qui pénalisait beaucoup ses paroissiens du
Lot.
Serait-il possible, écrit-il, que Dieu eût abandonné à jamais tant d'infortunées populations aux angoisses
de la soif ! Ne serait-il pas possible de trouver dans ses malheureuses contrées des sources, fussent-elles très profondes ? (wikipedia)
Il se forma à la recherche de sources par attrait personnel pour cette discipline et il obtint de son
évêque l’autorisation de délaisser sa paroisse le temps de ses visites.
Dès 1827, le ministre de l’intérieur de Martignac avait demandé au Préfet du Lot un rapport sur les travaux
exécutés sur les indications de l’abbé. Il aurait eu l’intention de lui verser une pension viagère et une indemnité pour ses voyages s’il envisageait de parcourir la France sur demande des
autorités.
Mais l’abbé Paramelle ne suivit, en réalité, aucun ordre pour ses tournées : il allait là où les demandes
étaient les plus nombreuses et les plus rapides (en 1830, par exemple, il avait reçu plus de 1500 demandes pour le Var).
Pour ses honoraires :
Ne pouvant, de l'aveu de tout le monde, faire des courses si pénibles et si dispendieuses sans aucune espèce
de rétribution, j'ai fixé les honoraires d'après les distances, leur conservant toujours ces caractères de modicité et d'éventualité qui leur ont mérité l'approbation générale. Ainsi, on me
compte pour chaque source que j'indique, savoir :
Dans le département du Lot : 10 fr.
Dans les six départements circonvoisins, qui sont la Dordogne, la Corrèze, le Cantal, l'Aveyron,
Tarn-et-Garonne et Lot-et-Garonne : 15 fr.
Dans les départements qui sont contigus à ces derniers : 20 fr.
Lettre de l’abbé le 3 décembre 1835
(**)
Avant de se rendre dans le département choisi, il repérait toutes les communes où des souscripteurs avaient
réclamé son intervention et leur envoyait une lettre avec les date et heure de son passage.
Le voilà à pied d’œuvre dans le Département. Son premier soin est de réunir tous les souscripteurs de chaque
commune et de leur indiquer le circuit qu’il suivra dès le lever du jour jusqu’à la nuit. Les pauvres seront les premiers servis et gratuitement. Il s’arrêtera le dimanche pour célébrer la messe
et trouvera le temps de lire son bréviaire.
L’Echo du Charollais rapporte : le savant et modeste abbé arrive, escorté des notables de la commune qui sont
allés le recevoir sur leurs limites. On le presse, on l’entoure, on l’examine. C’est un homme de haute taille, vêtu de noir, d’une figure franche et ouverte, au front vaste, au regard pénétrant,
qui sourit avec bienveillance et s’empresse de déclarer aux habitants qui lui témoignent une flatteuse impatience :
Je n’ai pas le don des miracles mais seulement un peu d’habitude à découvrir les moyens dont se sert la
nature pour transporter et faire circuler les eaux reculées dans le sein de la terre… (***)
On lui exprime le regret de ne pas le voir fonder une école où serait enseignée sa spécialité, il
répond
Quelques mois d’étude de la géologie suffiraient pour que toute ma science soit acquise et trois mois de
pratique donneraient mon aptitude à n’importe quel homme d’intelligence ordinaire.
(*) L’abbé Paramelle a été appelé dans 185 communes de Saône et Loire dont Saint Bonnet de Joux, Beaubery, Charolles, Poisson, Semur en Brionnais, Saint Julien de Civry, Oyé, Saint Christophe en Brionnais et Varennes sous Dun (où il a recherché l'emplacements de 24 sources)
(**) Pour les recherches en Saône et Loire, le tarif était un peu plus élevé (On sait qu’il était de 25 frans pour l'Ardèche et de 45 francs pour le Calvados)
(***) Il ne croit pas à l’efficacité de la « baguette divinatoire » : Quoique j’aie opéré bien des fois,
avec toutes les précautions prescrites et que je sois passé et repassé sur des cours d’eau souterrains dont le conduit m’était bien connu, je n’ai jamais remarqué que cette baguette ait fait
d’elle-même le moindre mouvement dans mes mains. (préface de la 2e édition)
Son livre, l’Art de découvrir les sources link pose en principe que les eaux, après avoir pénétré la superficie des terres, forment des veines, puis des
rigoles, cherchent les pentes des terrains et descendent dans les vallons en suivant des conduits souterrains.

