En août 1795, le 26 thermidor an III, Etienne (de) Drée de Curbigny, qui avait été déclaré « émigré » (*) est réhabilité et les scellés et
séquestres mis sur ses biens sont levés.
Sans doute manquait-il encore quelques formalités pour que la gloire de la famille soit complète et reconnue par tous. Ce qui
expliquerait pourquoi, en 1800, on trouve l’enregistrement de plusieurs actes notariés : (*)
- Les 21, 22, 23 ventôse an 8, différents particuliers confirment l’aumône et les bienfaits du citoyen Drée. D’autres mentionnent qu'il a fait apprendre des métiers (Me Jomain de Châteauneuf )
- A Baudemont, Saint Symphorien et Curbigny, plusieurs autres attestent que le citoyen Drée a fait différentes livraisons de grains aux pauvres ménages de ces paroisses (un mot un peu anachronique, peut-être ?) (Acte par Me Gaillard le 25 ventôse an 8)
- Là, des personnes de Tancon attestent que Gilbert a fait différentes délivrances de grains à de pauvres ménages. (Acte du 27 ventôse an 8 par Me Bardin de Tancon)
Bizarre : Gilbert, père d’Etienne est décédé en 1791. Ce serait à titre posthume ?
A voir…
Ce qui est accessoirement intéressant, c’est l’extraordinaire liberté que prend ce fonctionnaire de l’Enregistrement avec l’orthographe pour relater
ces actes (et les taxer, ce qu’il réussit par contre très bien).
On trouve
« prosces verbal »,
« des clarations »,
« encosséquans »
Ou bien, dans d’autres enregistrement :
« des fenceur de la patrie », (ou "des franceur")
« une plasse des lèvre dans les colle vétérinaire de Lyon »
Mais surtout, un inadmissible...
« Curbignie »
Apparemment, il ne s’agit pas d’un illettré, puisque certains enregistrements ne comportent aucune faute. La fatigue peut-être ?
Mais ça rend la lecture de ses registres assez difficile. Heureusement pour le chercheur, son ministère ne dure que du 22 ventôse au 9 germinal an 8
(un peu plus de 15 jours).
(*) voir " Plaçons la Terreur à l'ordre du jour "
(**) On nous précise qu'un des actes aurait été fait « en conséquence du jugement d’un tribunal ».


